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                -Oui ! Continues comme ça Maggi. Tu es superbe. Tournes – toi un peu sur le côté que je vois ton profil… Génial ! Lançait Lena, qui mitraillait le mannequin de son reflex.

Maggi prenait plusieurs poses différentes, tantôt souriante, tantôt sérieuse. Un gros ventilateur soufflait vers Maggi, faisant voler ses longs cheveux et le tissu de sa robe venait plaquer ses longues jambes.

                -C’est bon, on fait une pause ! Annonça Lena le sourire aux lèvres. Marc coupe le ventilo, et allez prendre un rafraîchissement.

Lena se massa la nuque, sentant la fatigue la gagnée. Elle retira la puce de son réflex et se dirigea vers son bureau. Une fois de plus, elle était contente de sa séance photo, et était certaine que la directrice du magazine Tentation sera, une fois de plus, ravie de son travail. Cela faisait déjà cinq ans qu’elle était en collaboration avec eux, et avait l’exclusivité des photos pour la couverture du magazine. A plusieurs reprises, elle avait côtoyé de grands couturiers et des mannequins de grande renommée, pour immortaliser leur portrait.

Elle inséra la puce dans  son ordinateur portable, et s’installa confortablement dans son fauteuil pour inspecter le travail.

                -Tu viens, Lena ? L’appela Marc. Fais donc une pause.

                -J’arrive, Lui répondit – elle à contre – cœur.

Elle soupira, forcée d’aller rejoindre son équipe. Elle n’aimait pas interrompre son boulot, mais se sentit obligée de faire plaisir à ses employés. Elle se leva, et se dirigea vers le petit groupe qui buvait et riait de quelques plaisanteries. Lena les écouta tranquillement tout en les observant et en se servant une grande tasse de café noir. Il y avait Marc, son maquetteur et responsable du décor. Il était chargé de réaliser les décors, de les fabriquer ainsi que de diriger leur l’installation. Il y avait aussi Nathalie, son bras droit et chargé de clientèle. Elle s’occupait des clients habituels, de conclure de nouveaux contrats, et surtout de dénicher de nouveau mannequin. Et enfin, il y avait Margot, qui s’occupait du maquillage et des tenues. Lena avait une équipe géniale, toujours prête à prendre des défis. Elle but une gorgée de café, et participa à la conversation.

Nathalie observa Lena du coin de l’œil, et lui donna un coup de coude. Celle – ci sursauta et tourna la tête vers son amie de toujours.

                -Tu sais que tu es géniale, ma poule ? Lui dit Nathalie enthousiaste.

                -Ah ?... Pourquoi ai – je droit à ce compliment ?

                -Je t’ai dégoté un nouveau contrat, et la personne vient la semaine prochaine.

Lena fit la grimace, n’étant pas trop partante. Cela ferait encore un client à rajouter parmi une longue liste déjà existante, et surchargeait son emploi du temps. Quand elle avait ouvert Studio Beauty, il y a dix ans, jamais elle n’aurait cru prendre de l’ampleur ! Sa réputation de bon photographe de mode avait fini par faire d’elle une personne très connue dans le monde, et beaucoup de magazines ou grandes sociétés de confection frappait à sa porte. Et depuis dix ans, Lena se tuait à la tâche pour réussir dans son métier, et faire marcher son studio. Nat était là depuis le début, et avait laissé tomber son métier de tapissier pour l’aider. Lena regarda son amie et soupira de nouveau. Nathalie Watz était de cinq ans son aînée. A trente – cinq ans, cette femme blonde aux yeux noisette avait la tête sur les épaules et savait ce qu’elle voulait. Lena avait toujours apprécié sa façon d’être coquette et de ne pas être un jour seul jour sans maquillage. Elle dépensait des sommes faramineuses dans les vêtements, chaussures et autres accessoires de mode. Elle avait aussi un franc – parlé qu’elle aimait plus que tout, même si par moments, elle ne tenait pas sa langue. Lena but une nouvelle gorgée de café, et lui dit :

                -Nat, je t’ai déjà dit que pour le moment, nous avions assez de contrats. Je te rappel aussi que je suis seule pour prendre les photos. Et même si tu me soulage les épaules de tout le travail administratif, il faut que j’aille aux rendez – vous des mes clients entre chaque séances photos.

                -Je sais bien, Répondit Nat. Mais il a tellement insisté, que je n’ai pas osé refuser. Et puis… Il a proposé le double de nos tarifs, pour travailler avec nous.

                -Je me disais aussi…  Murmura Lena.

                -Lena, tu ne vas pas laisser passer une affaire en or ! Renchérit Nathalie. Il s’agit de Pietro Salvator, quand même ! Un des plus grands créateurs d’Italie.

Excédée, Lena ordonna à tout le monde de rentrer chez eux, et retourna à son bureau. Nathalie la suivie, ne voulant pas lâcher Lena d’une semelle. Elle voulait absolument qu’elle accepte.

                -Oh, Nat ! Arrêtes de me suivre. Il est hors de question que j’accepte ! Cria Lena, hors d’elle. Tu ne penses qu’à l’argent. Et as – tu penser à moi ? Tu sais bien que mon carnet de rendez – vous débordes, et toi, tu t’entêtes à prendre de nouveaux contrats.

                -Cesses d’être soupe au lait, La morigéna Nathalie calmement. Je sais très bien pourquoi tu ne veux pas travailler avec Pietro, et pourquoi tu t’acharnes à ton travail. Et puis, tu ne sais même de quoi il s’agit.

                -Je me fiche de ton Pietro. Il est hors de question que je travaille avec un italien !

                -Ne soit pas stupide ! Ce n’est pas parce qu’un bel italien t’a trompée, qu’ils sont tous pareils.

Lena fixa son regard sur l’écran de son ordinateur, et sélectionna les clichés les plus beaux. Puis, elle se leva et dit à Nathalie.

                -Je pars, tu me fatigues.

Lena ferma son ordinateur, le rangea dans sa sacoche. Puis, elle prit ses clefs quand son i phone sonna.

                -Studio Beauty, Lena Parker à l’appareil, Annonça – t – elle. Bonjour, Gina. Oui, je m’apprêtais à vous les amenées. Je serais chez vous d’ici vingt minutes. Ok, à toute de suite.

Sur ces mots, elle prit sa sacoche, et embrassa Nathalie sur les deux joues avant de quitter le studio. Elle sortit par l’arrière du local, et longea un couloir avant d’arriver dans une petite cour privée. Elle actionna le déverrouillage centralisé de son 4x4 Wolkzvaggen , et s’installa au volant. Elle déposa sa sacoche sur le siège passager, et accrocha son i phone sur le tableau de bord. Elle démarra et quitta la cour pour déboucher sur les Champs Elysées. Elle la descendit, parmi la circulation dense, tout en gardant son calme. Depuis dix ans qu’elle s’était installée à Paris, et ne s’était toujours pas habituée à la cohue de cette ville. C’est pour cela, d’ailleurs qu’elle s’était acheté une villa en bord de mer, dans les Landes. Elle se dirigea sur les hauteurs de Montmartre, où se situait les bureaux de Tentation. Elle se gara non loin de la place Pigalle, sur le parking privé du magazine, quand son i phone sonna. Elle regarda l’écran du téléphone, et lut : Evan. Elle soupira, tout en se disant qu’il fallait qu’elle le plaque, et décrocha :

                -Salut, Evan ! Lança – t – elle tranquillement.

                -Salut, bébé ! Répondit – il  joyeusement. Ca te dit un resto ce soir ?

                -Je ne sais pas, je suis débordée en ce moment. Et j’ai même pris du retard.

                -Allez, bébé, insista – t – il. Ca fait un bail qu’on ne s’est pas vu. Tu me manques, j’ai besoin de te voir.

                -Oui, je sais, Soupira Lena. Remarque cela me ferait du bien de faire un break… Ok, tu m’emmènes où ?

                - Fais-toi belle, c’est tout ce que je te demande, bébé. Je t’emmène dans un endroit très prisé de la Jet Set.

                -Ok, à ce soir, alors.

                -A ce soir, Répondit Evan avant de raccrocher.

Lena raccrocha brusquement, prit ses affaires et sortit de la voiture. Elle détestait ces soirées branchées, où la jet set se réunissait et s’amusait jusqu’au levé du jour. Elle était issue d’un milieu social assez pauvre. Ses parents avaient pu lui payer ses études en faisant un prêt. Grâce à eux, elle avait pu étudier à Venise, chez un grand photographe, et y  passer ses diplômes. Mais à présent, elle était riche et avait pu rembourser ses parents. Elle leur avait même acheté une villa sur la côte d’Azur.

D’un pas rapide, elle arriva devant la vitrine de Tentation, et pénétra à l’intérieur. Une clochette retentit à son arrivée, et la secrétaire leva la tête.

                -Bonjour, Mademoiselle Parker ! Gina vous attend avec impatience. Allez – y, vous connaissez le chemin.

                -Bonjour, Jeanne. Merci. Lena passa derrière le comptoir, et longea un couloir où étaient affichées toutes les couvertures du magazine depuis sa parution. Elle ne les regardait plus depuis longtemps, car elle connaissait par cœur. La porte du bureau de Gina était grande ouverte, et Lena entra pour s’installer en face d’elle. Gina raccrocha le combiné, et se leva pour embrasser Lena.

                -Lena, ma chère ! Alors qu’est – ce que ça à donner la séance d’aujourd’hui.

                -Comme d’habitude, parfait ! Lança Lena tous sourires. Maggi a été très bien. Je pense qu’elle fera une grande carrière, si elle continue comme ça.

La jeune femme sortit son ordinateur, et le posa sur le bureau avant de l’allumer. Puis, elle y afficha les différents clichés qu’elle avait sélectionnés, et pivota l’écran vers Gina. Celle – ci resta silencieuse quelques minutes, puis laissa éclater sa joie.

                -Lena, ma chère, tu es géniale ! Comment ferais – je si je ne t’avais pas. Je vais prendre la photo où Maggi est légèrement de profil. J’aime beaucoup son regard et ses cheveux qui viennent caresser son visage. Cela donne un effet mystérieux.

                -Je suis heureuse qu’elle te plaise. Donc, je te la laisse, et tu me montreras la maquette, quand elle sera terminée.

                -Je t’offre quelque chose ? Proposa Gina.

                -Non merci, Répondit Lena. Il faut que j’y aille, mon esthéticienne va bientôt arrivée.

                -Ah, ah ! Epilation totale ? S’enquit malicieusement Gina.

                -Oui, comme tu dis, Dit Lena en riant. Et aussi un massage, car j’en ai grand besoin.

                -Tu devrais lever le pied, ma chère. Ca ne durera qu’un temps.

Lena acquiesça en se levant. Elle rangea son ordinateur dans sa sacoche, et salua sa cliente.

Lena arriva au studio et se gara dans la cour privée. Elle regarda sa montre : 17h30. Parfait, comme d’habitude, elle était à l’heure. Jennie arriverait d’ici un quart d’heure, cela lui laissait le temps de se préparer. Elle entra par la porte de service, mais au lieu de longer le couloir, elle prit l’escalier sur sa droite, et monta à l’étage. Elle pénétra dans son grand duplex, et jeta ses clefs sur le guéridon, qui se trouvait dans l’entrée. Tout en se dirigeant vers le salon, elle se débarrassa de ses Adidas, et déboutonna son jean. Elle jeta sa sacoche sur le canapé de cuir blanc, et se dirigea vers la salle de bain. Elle se regarda dans la glace et vit la fatigue cerner ses yeux. Elle avait une mine affreuse. Pas étonnant ! Elle se couchait tous les soirs vers trois heures du matin pour se lever  à six heures. Et elle n’arrivait toujours pas à rattraper le retard, parce que Nathalie avait amené de nouveaux contrats.

Elle retira son jean et son top, et retira son soutien – gorge. Elle revînt dans le salon, et alluma la chaîne – hifi. Une chanson d’Evanescence retentit alors tout le duplex. Elle retourna vers la salle de bain, et prit une brosse. Elle brossa ses cheveux et les tira en un chignon strict.

La musique s’arrêta brusquement, à la surprise de Lena. La jeune femme se dirigea dans le salon, et découvrit Jennie. Celle – ci lui sourit, et lui lança :

                -Tu finiras par être sourde à force d’écouter ta musique aussi forte.

                -C’est bon Jennie, tu n’es pas ma mère ! Rétorqua calmement Lena. Je te paie pour m’épiler ou me masser et non pour me faire la morale.

Jennie préféra ne pas insister, ne voulant pas faire éclater la mauvaise humeur de Lena.

                -Allez, viens t’installer sur ton lit, tout est prêt.

Les deux femmes montèrent à l’étage, et Lena, vêtue seulement de son string, s’allongea sur le lit. Jennie put commencer son travail. Une heure plus tard, Lena était à plat ventre et Jennie lui massait le corps. Lena poussait de petit gémissement de plaisir, tant les mains de Jennie étaient expertes. La jeune esthéticienne était réputée pour son savoir faire et à chacune de ses séances, Lena se sentait entièrement détendue. Et ce qu’elle aimait plus que tout, c’était ses massages de tête. Cela lui faisait un bien fou et lui faisait oublier le stress du travail. Jennie la retira de sa somnolence :

                -Qu’est – ce qui ne va pas, Lena ?

                -Oh !... Souffla Lena doucement. Seulement le travail, le travail, et encore le travail.

                -Et… C’est tout ?

                -Je me demande si je ne vais pas arrêter mon métier. Je ne sais plus où donner de la tête avec tout ce boulot. Sans comptez les nombreux déplacements à New York, Londres et Sidney.

                -Tu cesserais de t’acharner comme cela, tu serais moins épuisée. Et puis… Tu arrêterais de penser au seul homme que tu toujours aimé, peut-être que tu serais moins esclave de ton métier.

                -Si je m’acharne sur mon travail, c’est pour essayer d’oublier que je l’aime, mais surtout ce qu’il m’a fait ! Rectifia Lena.

                -Mmm… A ta place, je réagirais comme toi… J’ai terminé, tu peux aller prendre ta douche.

                -Merci, Jennie. Tu as vraiment des mains magiques.

                -Reposes – toi ce soir, et laisse ton pc de côté.

                -Cela risque d’être difficile, Evan m’emmène au resto, puis à une soirée vip.

                -Ca risque de finir en partie de jambe en l’air ! Annonça Jennie, l’air malicieuse.

Lena lui lança un regard exaspéré, ce qui signifia à Jennie de partir. Celle – ci réunit ses affaires, et partit. Lena soupira de soulagement. Elle était vraiment entourée de femmes sans gêne ! Et puis… Avoir reparlé de Manuel l’avait profondément

 

troublée.

Manuel Santino. Le seul homme qu’elle eut aimé, le seul qui a déclenché l’étincelle en elle, et le seul à l’avoir détruite. De douloureux souvenirs réapparurent alors. Elle n’avait que dix neuf ans et lui vingt – cinq, à l’époque. Elle s’en souvenait comme si c’était hier. C’était à Venise. Orlando, son maître de l’époque, organisait une soirée masquée. Le genre de soirée où tout était permis. Elle y avait été allée avec Nathalie, qui faisait des études d’histoires, pour son métier de tapissier.

Lena avait revêtue une robe napoléonienne blanche, presque transparente, avec un masque argentée, agrémenté de plumes blanches aussi. Et elle avait remontée sa chevelure en un chignon retombant, puis y avait entremêlés des rubans blancs.

Quant à Manuel, il s’’était déguisé en pirate, et avait mis un masque de velours blanc aux fils dorés. Ce qui rehaussait la couleur brune de ses yeux. Il l’avait accostée au buffet, où elle buvait un verre de champagne. Leurs regards s’étaient croisés, et elle avait sentie une chaleur naître dans le creux de son ventre. C’était la première fois qu’elle ressentait cette sensation pour un homme.

Ils avaient dansés longuement, puis étaient sortis dans les jardins, où déjà, quelques couples batifolaient derrière des buissons. Manuel l’avait emmenée dans l’ombre d’un petit square, où se trouvait un canapé de cuir blanc. Et ce soir là, il l’avait emportée pour la première fois dans les tourmentes du plaisir. Elle adoré le romantisme de la situation, car ils avaient gardés leur masque. Et quand minuit sonna, ils les avaient retirés, et découvraient leur visage pour la première fois. Et son visage, elle ne l’oublierait jamais. Ses yeux étaient brun, presque noirs, et brillait étrangement. Il avait tout du charme vénitien. Beau, ténébreux et même intimidant. Mais ce soir là, il la regardait avec une douceur sans fin. Ses cheveux étaient châtains foncés, et lui tombaient sur la nuque, lui donnant encore plus cet air invincible. Son nez était fin, sa bouche était sensuelle et bien dessinée. Son menton volontaire donnait toujours une impression de défi. Et son corps… Parfait ! Mince, musclé, au ventre ferme et plat. Ce qui prouvait qu’il pratiquait une activité physique. Il était beau comme un dieu.

Elle vécue par la suite, avec Manuel, dans son appartement luxueux. Ils vivaient des jours merveilleux, mais aussi des nuits magnifiques, où il avait appris les secrets du plaisir. Mais, ce jour arriva. Elle venait d’avoir son diplôme, et venait de rentré en courant à l’appartement pour annoncer la nouvelle à Manuel. Mais, il n’était pas là. Et cette femme était là. Sa femme ! Quand cette Pénélope lui avait annoncé qu’elle était l’épouse de Manuel, Lena avait senti le sol s’effondrer sous ses pieds et son bonheur s’émietter. Elle se souvenait de la voix mielleuse de cette belle blonde :

                -Il ne vous l’a donc pas dit ? Nous sommes mariés depuis deux ans. Oh, ce Manuel ! Toujours le même ! Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il a toujours détesté les femmes qui venaient d’un milieu social pauvre.

Lena sortit de la douche, et s’essuya énergiquement pour tenter d’oublier cette maudite femme, qui était de loin, plus belle qu’elle ! D’ailleurs, elle n’avait jamais compris pourquoi Manuel avait jeté son dévolu sur elle. Elle était plus petite, du haut de ses un mètres soixante dix. Alors que Pénélope devait frisée les mètres quatre –vingt. Ses cheveux étaient châtains foncés et ses yeux verts. Et son corps… Il était mince et bien proportionné, avec une poitrine généreuse. Mais rien de spécial, comparé à la bombe italienne, qui était marié à Manuel.

Lena secoua la tête, et commença à sécher ses cheveux. Evan allait bientôt arrivé, et elle n’était pas encore prête. Elle était là, devant son miroir, en train de penser au passé, alors qu’elle avait Evan. Evan était un mannequin américain très connu, et séjournait régulièrement à Paris. Ils s’étaient rencontrés lors d’une séance photos, et elle était tombée sous le charme de ce géant blond aux yeux bleus. Il avait des manières qui l’agaçaient souvent, comme plier ses vêtements pour ne pas les froisser au moment de lui faire l’amour, mais il restait un bon amant. Mais Evan n’était pas Manuel.

Lena se secoua et se morigéna. Elle en avait assez de pensez à Manuel constamment. Dès ses cheveux furent secs, elle se maquilla, puis monta dans sa chambre totalement nue, quand elle entendit la voix d’Evan :

                -Bébé, t’es là ?

                -Dans la chambre ! Lui répondit – elle d’une voix forte.

Evan monta les marches rapidement, et arriva dans la chambre de Lena. Il vit alors un ravissant spectacle. Lena avait mis un soutien – gorge de dentelle noir, et un string assortit. Elle enfilait ses bas noirs. Evan s’approcha doucement, dégustant chaque courbes de son corps, et sentit un élancement dans l’entre – jambes. Lena se redressa et lui dit :

                -Je sais que tu es derrière, Evan. Laisses tomber si c’est pour me faire peur.

                -Après ce que je viens de voir, bébé… C’est plutôt à autre chose que je pense… Lui dit – il en lui enlaçant la taille.

Lena se retourna, et posa ses mains derrière la nuque d’Evan. Il était plus grand qu’elle, et elle dut se mettre sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Evan laissa promener ses mains sur ce joli corps, tout en l’embrassant avidement. Puis, il caressa ses seins, souhaitant prolonger leur plaisir au lit, mais Lena s’écarta tout en lui disant :

                -Nous allons être en retard…

                -Je suis prêt à rester ici à te donner du plaisir, bébé. Nous pourrions nous faire livrer de quoi manger avec du champagne.

                -Tu sais bien que je bois très peu d’alcool, mais… Ton offre est plutôt alléchante. Lui susurra – t – elle, en lui caressant le torse. Enlèves donc tes vêtements, que je te vois nu.

Evan sourit. Il appréciait Lena, car c’était une femme à deux facettes. D’un côté elle était une femme discrète, et de l’autre, aguichante et sensuelle.

Evan retira son smoking, qu’il plia soigneusement et posa sur une chaise, puis enleva le reste de ses vêtements pour en faire autant. Quand il fut totalement nu, il s’avança vers Lena, qui avait attendu patiemment qu’il fasse son petit manège, et se pencha vers elle pour s’emparer de ses lèvres. Lena répondit à son baiser possessif, et se plaqua contre lui, demandant plus de plaisir. Evan dégrafa son soutien – gorge et le laissa tombé, avant de descendre vers son string pour le faire glisser le long de ses jambes. Sa bouche embrassait chaque parcelle de son corps, tandis que ses mains expertes la frôlaient. Ne tenant plus, Lena attira son amant sur le lit, et le caressa lentement, savourant les formes de son corps. Elle glissa une main sous l’oreiller, et en sortit un préservatif. Evan le prit dans sa main, tout en lui caressant la paume. Il continua ses baisers, pendant qu’il s’installait rapidement entre ses jambes, qui l’emprisonnèrent aussitôt, et il la pénétra d’un grand coup de reins. Il l’élança alors dans un rythme effréné, ne prenant que son seul plaisir en regardant sa maîtresse, d’un air victorieux. Quand il eut terminé, Lena le poussa brusquement, furieuse, et se leva. Surpris, Evan fixa Lena, et lui demanda :

                -Eh, bébé ! Qu’est – ce qui te prend ?

                -Tu n’es qu’un imbécile, Evan ! Lança – t – elle hors d’elle. Rentres chez toi.

Lena descendit l’escalier et s’enferma dans la salle de bains. Elle alluma le robinet de la douche, quand on frappa à la porte. Elle l’ouvrit d’un coup sec, et vit Evan. Il s’était rhabillé.

                -Excuses – moi, bébé. J’avais tellement envie de toi… Cela fait un mois qu’on ne s’est pas vu.

                -Vas – t’en ! Hurla – t – elle. Tout es fini entre nous, je ne veux plus te voir !

Elle lui claqua la porte au nez, et retira ses bas. Puis, elle pénétra sous la douche, et se savonna énergiquement, pour effacer les traces laissées par Evan.

Quand elle sortit de la douche, et qu’elle se regarda dans la glace, elle se rendit compte qu’un seul homme avait su lui donner du plaisir, et l’emmenée jusqu’à l’extase. Un seul : Manuel. Après dix ans, elle souvenait du plaisir qu’il lui donnait alors, et le nombre de fois qu’elle avait joui dans ses bras. Ce qui n’était plus le cas, avec ses nombreux amants.

                -Non ! se dit-elle à voix haute. Il t’a oublié depuis longtemps.

Des larmes roulèrent sur ses joues, qu’elle essuya furieusement. Elle se souvenait encore…

Après que Pénélope lui eut annoncé la nouvelle, Lena avait fait ses valises sous le regard satisfait de celle – ci. Pénélope avait appelé son chauffeur, qui l’attendait en bas avec la limousine. Lena avait quitté alors Venise, ce soir là. La limousine l’avait mené jusqu’à  l’aéroport Marco Polo, où elle avait téléphoné à Nathalie, qui avait emménagée depuis peu à Paris. Lena était arrivée dans la capitale, plus démoralisée que jamais. Nathalie était venue la chercher, et il avait fallu qu’elle lui raconte tout. Son amie n’avait pas compris pourquoi Manuel avait fait cela. Un mois plus tard, Lena apprenait qu’elle était enceinte. Elle voulait garder ce bébé, car il était ce qui lui restait de l’homme qu’elle aimait. Elle était prête à vivre en mère célibataire. Nathalie avait voulu téléphoner à Manuel pour le prévenir, mais Lena l’en avait empêchée. Elle ne voulait plus le revoir, plus jamais. Son amie avait alors accepté à contre – cœur. Mais son état dépressif eut raison d’elle, et elle perdit le bébé.

Pour surmonter ces épreuves, elle fini par ouvrir son studio, et se tua à la tâche pendant toutes ses années. Elle réussi à oublier ces mauvais souvenirs, jusqu’à ce que Nathalie lui parle d’un nouveau contrat avec un italien.

Lena pleurait doucement. Comme elle en voulait à Nathalie d’être ce qu’elle était ! Elle s’observa dans le miroir. Elle était affreuse avec ses yeux rougis par les pleurs. Il fallait qu’elle se reprenne, qu’elle redevienne la femme sûre d’elle qu’elle était devenue. Elle enfila un peignoir de soie blanche, sortit de la salle de bain, et vînt s’assoir dans le canapé. La pendule indiquait 20h00. Il fallait qu’elle bouge. Elle se saisi de son i phone, qui était posé sur la table de salon, et composa  un numéro.

                -Allô Marc ? C’est Lena. Tu fais quoi ce soir ?... Le Raphaël ? Ok je te rejoins.

Elle raccrocha et se rua dans la salle de bain pour se coiffer et se maquiller. Puis, elle courut à l’étage où elle enfila un string de satin noir et des bas assortis. Puis, elle sortit une longue robe noire de l’armoire, aux fines bretelles. Chaque côté de la robe était fendu jusqu’à la naissance des cuisses, révélant ses jambes bien galbées, quand elle marchait. Quand au bustier, il révélait audacieusement son entre – seins, et le dos échancré, descendait jusqu’aux bas de ses reins, révélant un tribal tatoué au même endroit.

Lena enfila des chaussures à talons aiguilles assorties, puis se dirigea vers sa boite à bijoux, qui se trouvait sur sa table de nuit. Elle mit des boucles d’oreilles en diamant, qui touchaient presque ses épaules, un collier et un bracelet assortis. Et enfin, elle retourna dans la salle de bain, pour rehausser ses cheveux et se parfuma. Elle vit son reflet dans le miroir, et se trouva métamorphosée. Le maquillage cachait à la perfection ses yeux gonflés. Elle sourit, et partit chercher son portable. Puis, prenant une étole et un sac à main assortit à sa robe dans le placard de l’entrée, elle sortit.

 

 

Lena s’arrêta devant la grande entrée du Raphaël, et un portier vînt lui ouvrir la porte. Elle lui confia ses clefs, il emmena le 4x4 sur le parking privé. Tranquillement, elle monta les marches et pénétra dans le grand hall, où elle fut accueillie par le maitre d’hôtel.

                -Mademoiselle Parker ! S’exclama – t –il surprit, et en la débarrassant de ses affaires. Nous ne nous attendions pas à votre visite.

                -J’ai changé d’avis, John.

Le maitre d’hôtel lui sourit, et l’invita à entrer dans le salon de réception. Lena observa le décor. Le sol était recouvert d’une moquette rouge. Les meubles de style Louis XIV étaient assortit à la couleur du sol. Les murs blancs, étaient sculptés de personnages anciens, et un grand lustre trônait au centre du plafond. Lena admirait toujours cet endroit, à chaque fois qu’elle venait ici. Elle aperçut Jean – Paul Gaultier, et Gucci. De grands couturiers pour qui elle avait déjà travaillé. Elle chercha Marc du regard, et le trouva accoudé nonchalamment au bar. Elle pouvait voir sa tête ébouriffée tellement il était grand, et le rejoignit en saluant toutes ses connaissances, et laissant quelques remarques agréables à certaines d’entre eux. Elle trouva Marc en train de bavarder avec le barman, et s’assit à ses côtés. Marc s’aperçut de sa présence, en reconnaissant son parfum fleuri, et se tourna vers elle :

                -Lena ! Tu es en beauté, ce soir. S’exclama – t – il chaleureusement.

                -Laisses – moi te retourner le compliment, beau brun ! Lui dit – elle en l’embrassant sur les lèvres.

Se fut un baiser rapide et sage. C’était leur façon de se dire bonjour, quand ils se voyaient.

                -Quel dommage que tu ne sois pas célibataire. Il y a longtemps que j’aurais tenté ma chance.

                -Laisses tombé, chérie. Tu n’es pas mon genre.

Lena laissa échapper un rire léger. Une chose était sûre, elle ne l’aurait jamais !... Une musique douce s’éleva dans la salle, et Marc prit Lena par la main, pour l’emmener danser. Arrivés au bord de la piste de danse, Marc colla le corps de Lena contre le sien, et ils se mirent à bouger en rythme.

Nathalie était présente aussi. Elle était assise en présence de Pietro Salvator et de son associé. Ils buvaient un cocktail, tout en discutant affaire, quand Nathalie aperçut Lena dans les bras de Marc.

                -Mr Salvator, je crois que je vais combler votre plaisir. Lena est arrivée. Regardez par là, vous ne pouvez pas la louper, c’est celle qui porte une robe noire et qui danse avec le géant aux cheveux bruns.

Pietro et son associé tournèrent la tête dans la direction que leur avait montrée Nathalie. L’associé de Pietro écarquilla les yeux quand il la vit. Elle était très attirante dans cette robe sexy. Il admira ses cheveux, qui retombaient en boucles sur son cou, et son corps svelte, qui bougeait sensuellement contre son cavalier. Ses yeux remontèrent vers sa poitrine généreuse, qui, il le savait était libre de lingerie, puis redescendirent sur ses jambes. Il pu apercevoir à ce moment là, une jambe bien faite, et l’élastique en dentelle de son bas noir. Lena tourna, et il vit son dos nu, et surtout, son tribal, qui lui donna l’envie d’aller le caresser. Il sentit une bouffée de chaleur l’envahir, et s’excusa auprès de Pietro et Nathalie pour aller prendre l’air sur la terrasse.

Pendant ce temps, la musique se termina, et Nathalie courut chercher Lena et Marc. Elle les amena vers Pietro, qui se leva, et les présenta :

                -Lena, je te présente Monsieur Salvator.

                -Monsieur Salvator, je vous présente Mademoiselle Lena Parker, et Marc notre responsable du décor.

Pietro Salvator se leva, et serra la main de Lena, qui lui souriait.

                -Mademoiselle, permettez – moi de vous dire que vous êtes très belle. Mon associé à été très troublé en vous apercevant.

                -Merci,  monsieur, Répondit Lena flattée, dans un parfait italien. Votre associé s’est absenté ?

                -Oui, il ne se sentait pas très bien, a vrai dire. Sûrement du à la chaleur ambiante.

                -Puisque tu es là, Dit Nathalie. Nous allons pouvoir parler affaires.

Lena jeta un regard noir à son amie, mais celle – ci l’ignora. Ils s’asseyaient autour de la table, et Pietro commanda une bouteille de champagne. Puis, il s’adressa à Lena, et lui expliqua alors le sujet du contrat :

                -Je souhaite que vous veniez en Italie pour prendre des clichés de mes prochaines collections automne – hiver. Il s’agit de lingerie et de robes de soirée. Je sais que vous êtes débordée, mais je suis prêt à payer le double de vos tarifs.

                -Il faut que je réfléchisse. Vos défilés ont lieu quand ?              -Dans un mois. Vous aurez une suite, et une limousine à votre service. Vous ne paierez rien, je prends tout à ma charge

Lena hésita encore. Elle ne voulait pas retournée à Venise, de peur d’y rencontrer Manuel où Pénélope. Le couple n’hésiterait pas à se moquer d’elle à la première occasion. Mais il fallait qu’elle montre qu’elle était plus forte. Elle sourit alors à Pietro, et lui dit :

                -Bon, c’est d’accord. A la condition que Marc m’accompagne, car il a souvent de nouvelles idées pour la déco du studio. Et je ne veux pas de limousine. Un taxi fera l’affaire, et je ne veux pas de suite au Palazzo Guardi.

Pietro paru hésiter pour la limousine, mais en voyant l’air déterminé de la jeune femme, il dit :

                -Je suis ravi que vous acceptiez, Mademoiselle. Mon associé, qui a du se perdre, viendra la semaine prochaine pour signer le contrat.

                -D’accord, mais je serais présente au studio qu’à partir de mercredi matin, car je pars dès demain pour Sidney, où un défilé m’attend et une séance photo pour une maison de couture. Après je ne bougerais pas du studio. Mais si je devais m’absenter, Nathalie sera là pour me remplacer.

                -Très bien, cela me va. Donc je vous dis à dans un mois, mademoiselle.

                -Appelez – moi Lena.

La jeune femme quitta Pietro et Nathalie, au bras de son chevalier servant. Marc l’observa du coin de l’œil et s’inquiéta pour elle. :

                -Ca va allez, chérie ?

                -Oui, Lui répondit – elle. Même si je ne suis guère enchantée de retourner là – bas.

Lena eut chaud tout à coup. Marc s’en aperçut, et lui proposa d’aller sur la terrasse à l’étage. Là, personne ne viendrait les dérangés. Ils retournèrent dans le hall et montèrent le grand escalier jusqu’au dernier étage, qui débouchait sur une vaste terrasse. Le sol était en teck, et un échiquier géant se trouvait au centre. Des rosiers roses agrémentaient l’endroit, et vue surprenante s’offrit à leurs yeux. Tout Paris était illuminée, et ils pouvaient admirer à loisir l’Arc de Triomphe, qui s’étendait juste sous leurs yeux. Marc lui prit la main, et l’emmena pour s’approcher du bord. Il passa un bras affectueux autour de ses épaules, et lui embrassa les cheveux.

                -Tu sent toujours bon, chérie. Dommage que je ne ressente rien pour toi.

Lena se défit de l’étreinte de Marc, et le frappa gentiment au bras, en ayant un air faussement sévère. Puis, elle lui lança en riant :

                -Arrêtes de me persécuter comme ça ! Si j’avais pu faire de toi mon quatre heures, il y longtemps que je t’aurais sauté dessus. Crois – moi, tu n’aurais pas dormit dans la baignoire.

Marc laissa échapper un rire joyeux, et la prit dans ses bras pour la soulever dans les airs. Puis, il tourna sur lui-même. Lena rit de bon cœur, puis le supplia :

                -Arrêtes, Marc, tu me donnes le tournis.

Marc la redéposa à terre, et du la tenir pour qu’elle ne tombe pas. Sa tête lui tournait, et Lena riait encore de ce petit interlude. Elle s’appuya contre le torse de Marc, quand une voix les interrompit :

                -Bonsoir, je ne vous dérange pas ?

Lena sentit la courbe de son échine se redresser, et un froid l’envahit subitement. Elle n’avait pas oublié le timbre de voix chaude et profonde. Ne voix grave qui l’avait fait vibrer plus d’une fois. Marc se retourna pour accueillir le visiteur, et lui lança un « salut » joyeux. Lena, elle, se tenait à la rambarde pour ne pas tomber, tant ses jambes avaient du mal à la tenir.

                -Je suis Marc, et voici Lena, Dit Marc de bonne humeur.

Il se retourna vers Lena, et vit qu’elle fixait toujours le paysage. Il la prit par les épaules, et la força à se tourne, malgré que la jeune femme résistait. Elle croisa alors son regard, froid et dur. Elle sentait son cœur faire des bonds dans sa poitrine, et crut qu’il allait en sortir. Il était là, devant elle, la fixant de son regard intimidant. Et plus beau que dans ses souvenirs. Le temps n’avait pas altérer sa beauté et quelques traits argentés apparaissaient au niveau de ses tempes. Cela lui donnait encore plus de charme. Marc, qui enlaçait Lena par la taille dit à l’inconnu :

                -Lena est une grande photographe, monsieur ?...

                -Santino. Manuel Santino. Vous ne m’apprenez rien, monsieur. Je sais très bien qui c’est.

Marc parut surpris par le ton dur et froid de leur visiteur, mais n’en tînt pas rigueur. Puis, il se tourna vers Lena, qui faisait une mine plus que stupéfaite. Il se pencha vers elle, et lui demanda :

                -Chérie, tu connais ce monsieur ?

Lena fixa encore son regard à celui de Manuel, et lui répondit après quelques minutes :

                -Non… Non je ne le connais pas. Il… Il faut que je parte. Tout de suite.