-Il faut absolument que vous veniez avec moi au Louvre, lui murmura-t-il doucement pour ne pas se faire entendre par les étudiants.

-Pourquoi ?

-Le miroir ... Bredouilla a-t-il. Le miroir d'Antu c'est réveillé !

-Quoi ? S'écria-t-elle sur le coup de la surprise. Vous voulez bien parler du miroir des sumériens?

-Oui ! S'exclama-t-il en perdant patience. Il faut que vous veniez voir ça, c'est vraiment étrange !

Aussitôt, Judith rassembla ses affaires dans sa mallette et se précipita vers la sortie tout en lançant à ses étudiants, qui les fixaient d'incompréhension :

-Je dois m'absenter. Alors pendant ce laps de temps, je vous demanderais de travailler sur le nouveau sujet qui est: les légendes sumériennes.

-Où allez-vous ? Demanda Frédéric.

-Désolée, je ne peux rien vous dire de plus, mais dès mon retour, je vous raconterais ma future mission.

Sur ces mots, elle quitta rapidement la salle avec Harold et se dépêcha de rejoindre sa voiture. Elle alluma une cigarette sous le regard noir de son patron, mais elle l'ignora totalement et s'installa au volant.

-Comment êtes-vous venu jusqu'ici Harold ? Lui demanda Judith en se penchant par la vitre de la voiture pour le regarder.

-J'ai pris un taxi, répondit-il. Vous me ramenez?

-Allez, monter ! Lui dit-elle en souriant. Il faudra que je vous fasse payer la course !

Harold s'installa sur le siège passager après avoir rassemblé le paquet de contraventions, et tenta de boucler sa ceinture de sécurité qui ne voulut rien savoir. Judith démarra et comme à son habitude, la voiture fit un boucan du diable. Elle prit alors la direction du Louvre et fit le trajet en silence. Judith tirait de temps à autre sur sa cigarette, recrachant un gros nuage de fumée dans l'habitacle de la voiture. Harold toussota pour lui faire comprendre qu'il était gêné. Judith lui fit un sourire malicieux, et lui dit :

-Cela vous gêne? Demanda-t-elle ironique.

-Non, répondit-il en toussant encore. Mais vous devriez savoir que c'est très mauvais pour la santé ! À votre place, j'arrêterai.

-Tant mieux ! S'exclama-t-elle. Car ce n'est pas dans mes intentions pour le moment!

Harold fronça les sourcils et la regarda lui jeter un sourire moqueur. Il ne dit rien, car il savait qu'elle n'était pas du genre à l'écouter. Il croisa les bras et soupira bruyamment.

-Bon, pour en revenir au miroir d'Antu, dit-il calmement en fixant l'extérieur. J’aimerais que ce soit vous qui vous vous occupiez de l'affaire.

-Pourquoi ne pas demander au professeur Vilatte? Demanda Judith étonnée. C'est quand même lui qui a découvert le miroir des sumériens !

-Oui mais malheureusement, il n'est pas disponible pour le moment. Et je me suis dis que cela vous plairais d'étudier ce nouveau dossier.

-Allons donc voir ce miroir... je vous dirais par la suite, si je suis d'accord pour travailler sur le projet. Car pour le moment, j'ignore totalement ses origines et il va me falloir faire des recherches.

Ils arrivèrent rapidement au musée du Louvre et Judith se gara en double file. Elle éteignit le moteur et mit les feux de détresse.

-Vous n'allez quand même pas rester garée ici ! S'exclama Harold indigné.

-Et pourquoi pas ? Lança-t-elle en lui faisant un grand sourire. Après tout, il n'y a pas de place pour se garer !

Sur ces mots, elle descendit de la voiture et marcha d'un pas rapide vers l'entrée de la pyramide du Louvre. Obligé de la suivre, Harold descendit à son tour et la suivit comme il put. Ils pénétrèrent dans le hall d'accueil du musée, puis se dirigèrent aussitôt vers une porte où était placardé un message en gros caractères : PRIVE. Harold passa devant Judith et ouvrit la porte. Ils entrèrent alors dans une sorte de laboratoire où des compartiments séparés, fait de cloisons transparentes, servaient de lieu d'études. Ils longèrent un petit couloir et marchaient d'un pas rapide vers l'un d'eux. Judith aperçut l'un de ses collègues et lui fit un salut de la main quand celui-ci leva les yeux à leur passage. Ce dernier rénovait une toile et avait sur le nez d'épaisses lunettes à effet loupe. Cet outil, qui lui faisait d'énormes yeux, lui servait à mieux voir les petits détails à corriger. Judith sourit en voyant la tête que cela lui faisait, se souvenant d'avoir porté une paire similaire lors d'un chantier de fouilles en Égypte.

Harold ouvrit une autre porte tout au fond, qui était elle aussi vitrée, et attendit que Judith pénètre à son tour pour la fermer. Il n'y avait pas besoin d'allumer la lumière, car le miroir d'Antu éclairait en grande partie l'endroit d'une multitude de petites lumières qui ressemblaient à des paillettes. Doucement, les yeux posés sur le cadre lumineux, Judith s'approcha de l'objet en question. Le miroir était posé sur un pupitre, légèrement incliné, de telle sorte qu’il projeta leur reflet. Les rainures du bois qui ornait le cadre luisaient doucement, comme si des lucioles y avaient été mises. Judith les observait, comme hypnotisée, et les frôla du bout des doigts. Elle retira ses lunettes pour mieux étudier les détails qui l'en décoraient. Elle observa alors les multitudes de dessins typiques des sumériens. Il possédait plusieurs personnages gravés dans le bois, mais aussi trois soleils, trois lunes et quatre petits trous à chaque extrémité.

-Comme c'est étrange, murmura-t-elle les yeux pétillant d'admiration. Qu'est-ce qui peut donc le faire briller ainsi?

-Je l'ignore, répondit Harold en haussant les épaules. C'est le gardien qui s'en est rendu compte cette nuit, alors qu'il faisait sa ronde.

-Vers quelle heure ? Lui demanda-t-elle en le fixant d'intérêt.

-Environ 2h00. Le gardien a aussitôt téléphoné pour m'en avertir et je suis venu jusqu'ici après son coup de fil.

-Il y aurait-il quelque chose qui l'aurait déclenché? Je ne sais pas moi, une sorte de mécanisme ou une clé?

               -Non, non ! Le miroir s'est éveillé quand le gardien est passé devant sa vitrine.

Judith saisit le miroir et se pencha dessus pour regarder les minuscules détails. Elle fut attirée par les étranges personnages qui couvraient le cadre, dont les traits d'ailleurs ne ressemblaient en aucun cas aux humains où à des animaux. Fidèles aux sumériens, les dessins représentaient des êtres venus d'un autre monde, possédaient une espèce de casque ou de masque aux formes étrangement arrondies, et dont la bouche était faite d'un long tube.

Judith se souvenait avoir déjà découvert des petits morceaux de statuettes dans le Golfe du Persique. Elles représentaient les dieux Announakais et leurs formes étaient identiques à celles qu'elle voyait en ce moment même.

-Alors ? Demanda Harold avec curiosité. Que voyez-vous sur ce miroir?

-Eh, bien ... dit-elle en soupirant et lui accordant un regard rapide avant de reporter son attention sur le cadre. C'est difficile à dire. Je n'ai pas suffisamment travaillé sur les Sumériens pour vous dire pourquoi le miroir d'Antu réagit ainsi. Ce qui est sûr, c'est que c'est significatif à quelque chose qui va arriver.

-Oui, mais quoi?

-Ça, c'est à nous de le deviner ! S'exclama Judith en lui faisant un grand sourire.

-Alors, c'est d'accord ! Vous voulez bien partir à la recherche de ce nouveau mystère ?

-Un nouveau mystère à découvrir pour le professeur Judith Rousseau! Lança-t-elle joyeusement.

Harold laissa échapper un petit rire amusé et secoua la tête en se disant que parfois, son employée avait de drôles de façon d'être.

-Très bien ! Dit-il en souriant. Je suppose que vous commencer maintenant.

-Bien entendu ! Je me permets d'emporter le miroir pour l'étudier à tête reposée. Et il me faudrait aussi le dossier du professeur Vilatte.

-Je vous apporte ça tout de suite, dit-il en s'éloignant. Harold sortit de la pièce et Judith en profita pour étudier attentivement les minutieux détails du miroir.

-C'est fou ce que les sumériens étaient doués pour ce genre de chose, murmura-t-elle pour elle-même.

-Tenez! Dit Harold qui revînt avec le dossier. Je dois vous laisser, j'ai du travail qui m'attend. Et n'oubliez pas de me donner votre rapport sur le sceptre de Paser.

-Entendu!

Judith fut à nouveau seule. Elle posa le miroir sur une vaste table et l'emballa soigneusement avant de quitter le laboratoire pour rejoindre son bureau. Quand elle pénétra dans la petite pièce, elle dû repousser l'amas de livres et de dossiers qui reposaient sur le bureau, pour pouvoir y poser le miroir. Puis, elle téléphona à Roland pour lui demander de venir en urgence avant de commencer à étudier les recherches du professeur Vilatte. Il y avait beaucoup à faire, remarqua-t-elle. Le rapport était complet en grande partie : textes, photos, résultats des analyses des objets trouvés autour du miroir lors des fouilles, ainsi que sur le miroir en lui-même. Mais il manquait plusieurs détails. On ignorait quelles étaient les noms des quatre personnages qui étaient gravés dans le bois et ce qui prenait place dans les quatre orifices situés à ses extrémités. Quant aux trois soleils ... elle en ignorait la signification pour le moment

………………………..

-Je te donnerais beaucoup de plaisir étranger, susurra-t-elle toujours en arabe alors que ses yeux baissaient sur l’encolure de sa chemise. Tu es beau…

Elle aperçut alors la tablette qui dépassait légèrement de la poche de sa chemise, et sourit. Elle jeta un regard malicieux à McKinley et colla son décolleté contre son visage tout en saisissant la tablette sans qu’il s’en aperçoive. Elle la cala dans son dos, entre la ceinture de son sarouel et sa peau, et vînt caresser les cheveux de son « client ».

Victor ne tenait plus. Il voulait savoir qui se cachait derrière ce voile. Il était certain que cette Laziza possédait une beauté peu commune et il avait envie de goûter à ses lèvres. Il leva alors un doigt et tira sur fin tissu qui camouflait le bas de son visage.

Stupéfait, il découvrit Judith Rousseau qui le fixait droit dans les yeux, un sourire satisfait sur les lèvres. Il baissa alors le regard sur sa poche et se rendit compte que la tablette avait disparu. Au même moment, une bagarre éclata dans la salle, suivie de coup de feu. Les voix s’élevèrent et le bruit infernal de verre brisé, table cassée et grognement de douleur se fit entendre. Judith s’écarta de McKinley, mais il la retînt et leva les yeux vers elle. Gardant un sourire de victoire, elle lui envoya son poing au visage et le poussa brutalement pour s’enfuir. Elle sauta sur une table et passa de celle-ci à d’autres, jusqu’à atteindre le comptoir où se trouvait son frère.

               -Tu l’as ? Lui demanda ce dernier en frappant un adversaire de son pied.

               -Oui, répondit-elle en assommant un homme avec une bouteille. C’est toi qui as déclenché cette bagarre ?

               -Non, ce sont eux, répondit-il en indiquant une direction d’un mouvement de tête.

               Judith tourna le regard vers le centre de la salle et aperçut les Smith qui se battaient et n’hésitaient pas tuer froidement leur adversaire. Judith et Roland sautèrent à terre et se défendirent contre de nouveaux ennemis qui les attaquèrent de leur poignard. Roland esquiva le coup tandis que Judith envoya son pied dans le ventre de son agresseur, avant de prendre un tabouret pour le fracasser sur sa tête. Roland, quant à lui, sortit son revolver et tira sur son adversaire.

               -Tirons-nous d’ici ! Lança-t-il à sa sœur en lui prenant la main.

               Ils s’élancèrent vers la sortie, parant des tentatives d’attaque avec rapidité. Judith vit McKinley qui se défendait de son côté contre Mike Smith et s’arrêta brusquement, tirant en même temps son frère par la manche de sa veste, manquant de le faire tomber.

               -Eh ! Mais qu’est-ce qui te prend. S’écria-t-il.

               -Donne-moi ton flingue, lu ordonna-t-elle sans quitter l’irlandais des yeux.

               -Laisse-le se débrouiller, dit Roland en voyant ce qu’elle voulait faire.

               -Donne-le-moi, je te dis ! Insista-t-elle tout en lui prenant l’arme des mains.

               Roland allait riposter, mais il reçut un coup de poing au visage et vacilla. Il tomba nez à nez avec Magda Smith qui attaqua de nouveau. Judith se retourna en reconnaissant la voix stridente de l’américaine qui venait de frapper son frère.

               -La voilà qui s’y met, grogna-t-elle en s’approchant d’elle.

               Elle arriva à la hauteur de Magda et ne lui laissa pas le temps de réagir, car elle la frappa violemment d’un coup de crosse. Magda échappa un cri de douleur et Judith la poussa de son pied. L’américaine tomba à terre et perdit connaissance. Roland en profita pour lui dérober son argent.

 -Prends tout ! Dit Judith qui visa Mike Smith avec son arme. Va devant, j'arrive.

-OK, mais ne perd pas trop de temps, la conseilla-t-il en se relevant. La police ne va pas tarder à arriver.

Judith hocha la tête et reporta son attention sur McKinley et Smith. Les deux hommes se battaient avec agilité et ne semblaient fatigués ni l'un ni l'autre. Elle tenta de tirer sur Smith, mais en vain. Il bougeait trop et s'en prenait à l'irlandais avec hargne. On la bouscula et elle envoya valser l'intrus en lui donnant un coup entre les jambes.

-Bordel ! dit-elle en redonnant un coup à l'homme qui était à genoux. Ça commence sérieusement à m'agacer !

S'assurant que l'homme ne reviendrait pas à la charge, Judith l'assomma avec un narguilé et reprit à nouveau son attention sur Smith. Le moment se présenta, alors qu'il levait une main, qui tenait un poignard et elle tira. La balle partie dans un bruit de déflagration et vînt se planter dans l'avant-bras de Smith. Celui-ci hurla et lâcha son arme blanche pour tenir son bras ensanglanté. Victor croisa le regard de Judith et frappa aussitôt Smith de poing.

Judith quitta les lieux en courant, aussitôt suivie par McKinley qui s'élança à sa poursuite. Quand elle arriva dans la rue, Roland l'attendait avec la moto. Elle courut vers lui et allait le rejoindre quand une main s'abattit sur son épaule. Elle se retourna avec vivacité et pointa son arme sur McKinley, qui la relâcha aussitôt pour lever 1es mains en l'air.

-Tout doux, lui dit-elle menaçante et essoufflée. Si vous ne voulez pas finir comme certains, tenez-vous tranquille.

-Vous n'en êtes pas capable, dit Victor tout aussi essoufflé qu'elle.

-Ah oui ? Lança Judith tout en abaissant la gâchette. Vous êtes prêts à parier combien ?

Victor la fixa sans mot dire. Judith recula et monta derrière Roland, sans détacher son regard de McKinley. Puis la moto s'élança dans la rue, et disparut rapidement

……………………….

-Es-tu certaine que la prochaine est à Elgin? Demanda Roland en s'asseyant dans un fauteuil après l'avoir vidé des livres qui l'encombrait.

-Je ne vois que là, expliqua Judith en posant ses lunettes à écailles de tortues sur le bureau.

Ils étaient revenus à Paris, parmi la civilisation moderne et rythmée, et se trouvaient dans le bureau de Judith. L'odeur de poussière et de tabac froid n'avait pas disparu, ni les toiles d'araignée qui s'étalaient sur plusieurs endroits. Roland plissa le nez et sortit sa flasque pour en boire une bonne rasade tandis que Judith coinçait sa cigarette entre ses lèvres.

-Il faut que tu en sois sûre, dit Roland en jouant avec l'amulette. Nous ne devons pas nous tromper, surtout quand on sait que les Smith y sont sûrement partis.

-Pour moi, Elgin est le lieu idéal, expliqua-t-elle avec un grand sérieux. Pas la ville, mais la cathédrale qui est située au nord-est.

-Tu veux parler de la lanterne du Nord, la ruine historique ?

-Oui, cet édifice religieux possède une histoire très intéressante. Il a été construit en 1224 pour la Sainte Trinité. Puis, la cathédrale a subi des attaques, fut incendiée à plusieurs reprises entre 1270 et 1402. C'est un endroit qui pourrait très bien conservé l'amulette de la terre. Et qui plus est, serait hanté par les nombreuses guerres qui y ont eues lieux.

Judith aspira une bouffée de tabac et s'appuya contre le dossier de son fauteuil tout en observant son frère qui jouait avec l'amulette

-McKinley va sûrement nous retrouver là-bas, dit Roland posément. Et je ne pense pas qu'il ait apprécié ta petite farce ...

Judith se souvînt de la façon dont elle s'était débarrassée de Victor McKinley. Pendant leur vol en direction de Moscou, elle l'avait endormi grâce à une prise de karaté qu'elle connaissait et l'avait ligoté au siège avec la ceinture de sécurité. Bien sûr, pour être certaine qu'il ne se libérerait pas, elle lui avait attaché les poignets avec un des lacets de son manteau.

-Il s'en remettra, dit Judith en se levant et faisant le tour de son bureau. Ce n'est pas la première fois qu'on lui fait des mauvais coups.

-Quand même, nous étions associés !

-Je sais mais je n'ai pas pu m'en empêcher, rétorqua-t-elle en souriant malicieusement. J'imagine la tête qu'il a dû faire quand il a reprit connaissance.

-Il t'en voudra ...

-Qu'importe ! Allons voir le miroir, Harold m'a dit qu'il était agité depuis notre retour. C'est sûrement à cause de l'amulette.

Elle lui prit cette dernière des mains et sortit du bureau sans prendre le temps de l'attendre. Roland sauta sur ses pieds et la rejoignit rapidement tout en buvant une gorgée de whisky. Ils pénétrèrent quelques minutes plus tard dans le laboratoire où était situé le miroir d'Antu. Ils traversèrent le long couloir aux parois vitrées, où de l'autre côté quelques personnes travaillaient. Judith les salua au passage avant de pénétrer dans la pièce du fond, après avoir écrasé sa cigarette dans un cendrier. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle croisa le regard de Victor McKinley. Il était nonchalamment appuyé contre un bureau et avait les bras croisés, tandis qu'il la fixait d'un regard noir et fronçait les sourcils. Apparemment, se dit-elle alors qu'elle lui souriait de satisfaction, il n'avait pas aimé sa petite supercherie. Elle soutînt son regard effrontément tout en gardant son petit sourire.

-Ah, Judith! S'exclama Harold joyeusement en venant vers elle les mains tendues. Entrez, nous vous attendions !

-Qu'est-ce qu'il fait là? Demanda-t-elle sèchement en croisant le regard de Victor. C'est un escroc et un usurpateur !

-Cessez de me faire passer pour quelqu'un que je ne suis pas ! Intervînt Victor en s'approchant d'elle pour lui faire face.

-Ah, oui ? Railla-t-elle en le regardant avec défi. Vous prendriez-vous donc pour un saint ?

-Vous m'avez trahi et vous vous êtes débarrassé de moi pour partir avec l'amulette ! Ce n'était pas très fair-play de m'avoir assommé !

-Si nous parlions plus tôt du miroir, proposa Harold en se raclant la gorge pour attirer leur attention.

-Je protégeais mes arrières, dit Judith qui ignora totalement son patron. Estimez-vous heureux que je ne vous aie pas tué ! Et pour information je ne vous ai pas assommé, mais endormi.

-C'est la même chose, continua Victor en soutenant son regard émeraude et ignorant lui aussi Harold avant de pointer son doigt accusateur sur elle. Vous m'avez abusé !

Cette fois-ci, Judith éclata de rire et brandit l'amulette sous son nez avant de la tendre à Roland qui observait la scène d'un regard las. Celui-ci la prit et se dirigea vers le miroir qui brillait plus que de coutume, accompagné d'Harold. Judith posa une main sur l'épaule de Victor et se hissa sur la pointe des pieds pour lui murmurer dans le creux de l'oreille :

-Aucun risque de vous abusé, vous n'en valez pas la peine.

Avec un sourire satisfait, elle s'écarta de lui pour reporter son attention sur Roland. Aussitôt, son sourire s'effaça en le voyant tendre l'amulette vers le miroir dans l'intention de la poser dans son emplacement.

-Non, il ne faut pas la mettre ! Cria-t-elle en s'élançant vers lui la main tendue.

Mais ... Trop tard ! L'amulette épousa la forme creusée dans le miroir et un souffle déflagrant s'échappa, les projetant au loin et brisant les vitres. Ces dernières éclatèrent en chaîne et des milliers d'éclats de verre volèrent avant d'atterrir sur le sol avec un bruit infernal. Tous s'écrasèrent lourdement sur le carrelage,