-C’est toujours ok, ce soir ? Lui demanda Axelle en la fixant.

-Oui, dit Tara. Maman est venue chercher Matéo, hier après l’école. C’est les vacances, elle voulait le prendre pour en profiter un peu. 

-On va pouvoir s’amuser alors ! S’exclama Axelle joyeusement. Antonio sera là, ce soir. J’ai hâte de le retrouver. 

-Je suis heureuse de votre idylle, lui dit Tara en souriant. Il est vraiment bien, comme type. Dommage que son frère ne soit pas le même… 

-Justement, ajouta Axelle. Tu devrais peut-être lui dire pour Matéo. C’est quand même lui le père.

-Je sais, mais il n’en saura rien. Si je lui ai caché ma grossesse, c’est pour la simple et bonne raison que je ne veux pas qu’il le connaisse. Enzo serait capable de prendre mon fils.

-C’est égoïste ! S’exclama Axelle, en fronçant les sourcils.

-Je sais, murmura Tara, en baissant les yeux de honte. Je te laisse, il faut que j’aille me préparer pour ce soir. Tara prit ses affaires, et ses clefs, et embrassa son amie avant de sortir. La limousine se gara le long du trottoir. Enzo fixa la façade du Sass café, quand la voix d’Antonio retentit dans l’habitacle. 

-Tu es nerveux ? Lui demanda-t-il. 

-Oui, répondit Enzo en tournant le regard vers son frère. J’espère seulement qu’elle va vouloir m’écouter. 

-Ça, tu verras bien. Elle t’en veut beaucoup, tu sais ! 

-Depuis quand fréquentes-tu Axelle ? 

-Cela fait maintenant un an, répondit Antonio avec un sourire béat. Enzo le fixa un instant, décontenancé. Axelle, cette femme vicieuse, qui l’avait littéralement dragué sur internet, sortait avec son frère ! Et cela avait l’air sérieux… 

-Elle a un petit garçon, continua Antonio, en sortant de la limousine. 

-Qui ? Demanda Enzo, en le suivant. -Tara. 

-Sais-tu qui est le père ? Demanda Enzo, curieux. 

-Non, elle n’en parle pas. La seule fois que je lui ai demandée, elle m’a répondu que son père était une grosse erreur. Les deux frères traversèrent l’avenue, pour atteindre l’entrée du bar. L’enseigne illuminait le trottoir, et la musique s’échappait de l’entrée dans un bruit étouffé. Enzo se sentait sur les nerfs. Il allait enfin la retrouvée, après trois années de séparation. Il avait l’impression de revenir en arrière, le soir où il lui avait donné leur premier rendez-vous. Ils pénétrèrent à l’intérieur du bar, où la foule s’entassait par endroits. La plupart des tables étaient prises par des clients, et le bar aussi. Le pianiste était toujours là, jouant inlassablement des morceaux de jazz. Et parmi cette foule, il l’aperçut. Assise sur un tabouret, en compagnie d’Axelle, Tara avait les jambes croisées. La robe courte qu’elle portait dévoilait ses cuisses, et moulait à la perfection son corps mince. Sa poitrine devenue généreuse était légèrement mise en valeur par le décolleté de sa robe. La grossesse n’avait pas altérer sa beauté, remarqua-t-il, et lui avait même arrondie ses formes, qu’il trouva plus qu’attirantes. Antonio lui tapota l’épaule, et lui fit un signe de tête en direction des deux femmes. Enzo se mit alors à compter les pas, qui la séparaient de Tara. 

-Bon, alors ! Qui vas-tu draguer ce soir ? Demanda Axelle, en fixant Tara, qui buvait une gorgée de Vodka. 

-Je ne sais pas encore, répondit Tara malicieusement. Mais, si je peu éviter de me servir de mon vibromasseur, ce serait bien. Les deux femmes éclatèrent de rire sous la remarque de Tara. Axelle tourna la tête vers l’entrée, et aperçut Antonio qui approchait en compagnie de… Enzo ! -Tiens ! Lança-t-elle, pleine de surprise. Regarde qui voilà ! Tara, qui souriait encore, tourna les yeux sur les deux hommes, qui arrivaient à leur hauteur. En voyant Enzo, son sourire disparu aussitôt, et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Que faisait-il là ? Se demanda-t-elle, ne pouvant s’empêcher d’admirer son visage à la peau tannée. 

-Antonio ! S’exclama Axelle, en sautant dans les bras de son amant, qui l’enlaça pour l’embrasser. Tu es enfin arrivé ! Tara n’entendit plus la conversation du couple. Elle ne pouvait détacher ses yeux de cet homme, qui hantait ses jours et ses nuits. Elle descendit de son tabouret et s’approcha de lui. D’une manière aguicheuse, elle posa sa main sur son bras.

-Enzo ! Lança-t-elle sensuellement, avant de poser sa main sur sa virilité. Alors, elle court après quoi ces temps-ci ?